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L'idée à la base

Le Turbin


voici quelques photos de ma phase serveur... ça a été, n'empêche... je craignais  trop au debut, mais ça s'est vite arrangé... je n'ai ébouillanté personne, j'ai cassé peu de chose, et j'ai arrosé juste un monsieur (hallucinnament tranquille, d'ailleurs) de vin rouge.
                                                               une cliente... de bonne heure!


Bien sûr, la vision idillique que j'avais les premiers temps s'est un peu éfritté au contact de la dure réalité... mais bon, ça va, j'en garde surtout de bons souvenirs.
j'ai developpé une super-technique de plier des tables et empiller des chaises, j'ai pu placer un ami aux cuisines (et ouais, c la mafia, les mecs)... c'était fatigant, mais bon, c'est pas pour rien q ça s'appelle travail.  l'équipe au comptoir... lieu de rencontres fabuleuses. moi j'y trainais pas beaucoup, il faut voir le niveau du debat des pilliers de comptoir... yan a réalisé un titanesque travail de recherche d'opinion malgré lui... les résultats: Sarko va sauver la France, la peine de mort est la solution pour l'insecurité et ces salauds d'étrangers, il faudrait tous les botter dehors! Eh, beh!


Les frites étaient mon péché mignon, pendant toute cette période... elles étaient ma foi bonnes, malgré le fait de sortir d'un congélo... je les mangeais à la fin du service jusqu'à ce qu'elles soient trop froides (c'est à dire quand yan les jettait, exaspéré... mes limites niveau bouffe sont toujours aussi élastiques). Avec quelques mois à ce régime là ( à savoir: pas de déjeuner jusqu'à trois heures, puis goinfrage de frites) et j'avais un peu mal au foi... je commençait à songer à mon tour de cholesterol , ce type de mauvais délire.et voici ma gueule, bien cachée par la qualité médiocre de ce satané appareil... je l'ai eu gratos dans un de ces appels téléphoniques... le mauvais plan de base. j'ai envoyé chier ( delicatement... après tout, moi aussi j'ai été télémarqueteur... pauvres petits) toutes les "opportunités merveilleuses pour l'ouverture de notre magazin à trifouille-les-oies un tirage au sort et votre numero de téléphone a été selectionné pour gagner des assiettes pour madame et un jeu de petanque pour monsieur, ça vous fait plaisir, non?" jusqu'au jour où la bonne femme a dit: un appareil photo numérique pour madame. alors là, j'ai craqué. et voilà le resultat.


La via crucis


Alors voilà: tous les ans je devais passer à la préfecture pour refaire mon visa d'étudiant. C'est super-marrant comme ça s'est déplié de plus en plus difficile. Presque chaque année, il y avait un cap nouveau à passer. Au début, tu venais, un beau jour avant que ton visa périme, et tu le refaisais, après une attente de trois heures. Puis tu venais et on te donnait rendez-vous un jour précis, où tu savais que t'allais attendre ton tour trois heures. Puis il fallait prendre ce rendez-vous à la fac, t'allais à un bureau X, te mangeais une queue de trois heures, prennais le rendez-vous, allais chez toi, attendais le bon jour, t'arrivais à l'heure qu'on t'avait assignée et il y avait une queue de trois heures. Dernièrement, tu fais la queue pendant trois heures, tu prends ton rendez-vous à la fac, tu viens à la préfecture le jour qu'on t'a assigné et il y a une queue de trois heures pour qu'un fonctionnaire examine ton dossier et te prenne ton dossier, s'il est parfait. Il t'envoie alors chez toi attendre un courrier jusqu'à un jour limite. Si le courrier n'arrive pas jusqu'à ce jour là, tu dois revenir à la préfecture pour essayer de le trouver au près des fonctionnaires du bureau. S'il y a un truc à discuter, genre t'es pas sûr d'un détail, la fonctionnaire n'est pas sûre tout ça tout ça, alors tu dois attendre trois heures pour parler aux fonctionnaires du bureau. Si jamais ça passe, tu rentres chez toi pour attendre le courrier. En sueur.

Eh bien, de cette fois, quand j'y suis allé (après que le temps limite était passé) j'ai dû attendre trois heures dans l'unique bureau des étrangers de la ville (à l'époque de la refonte des visas, en novembre-decembre, il y a une division speciale étudiants, mais le reste du temps c'est tout le monde ensemble. Ca fait une petite foule d'étrangers empetrés dans les plus divers et variés problèmes bureaucratiques...tu fais la queue et, après avoir controlé ton passeport, le fonctionnaire _en fait un flic, selon ce qu'il m'a dit ipsis literis_ t'envoie sur un autre guichet avec un numero.) et finalement, la fonctionnaire m'a dit que voilà, ma demande de renouvellement de carte de séjour était réfusée, et que j'étais invité à quitter le territoire. "Vous vous en doutiez, non?" Elle me demande, sans même connaître mon dossier. Je suis sûr qu'ils subissent des stages pour ateindre ce niveau de désobligeance, ça ne peut pas être naturel.

Et pourtant, il n'était pas si mal que ça mon dossier: il  avait une déclaration de mon médecin ("dépression nerveuse empeché suivre cursus etc") et plusieurs déclarations de mes profs à la fac ("assidu, participatif, etc") plus une lettre de mon propre poing("allez, soyez sympas, etc") que j'ai rédigé sur le coup, quand on m'a informé que la décision appartennait à la chef du bureau et que je ne pouvait pas la voire personnellement (ni contacter par téléphone, j'ai découvert après).

Rien à faire, ils ne croyent pas que je fais vraiment des études. Pour justifier cette décision, ils disent qu'une dépression nerveuse n'est pas une excuse pour rater trois années de fac d'histoire de l'art (je sais pas, pourtant j'ai bien l'impression que si, ça peut même faire plus de dégats... mais bon, c'est vrai que je me refuse à prendre des cachetons...) et que même si ça l'était, le fait est que je me remets dans une filière sur laquelle j'ai déjà échoué une fois.

Quoi?

Et oui, dit l'invitation à deguerpir du territoire, t'as déjà été inscrit en Arts Plastiques à la fac de Bordeaux une fois et t'as jamais abouti ces études. Alors aidez-moi, les amis: comment leur expliquer que les Arts Plastiques et les Arts Appliquées c'est pas la même chose? Dejà que quand j'explique le chemin jusqu'à chez moi je froisse la susceptibilité des gens avec mes airs professeuraux dédaigneux, imagine si je leur sors un dictionnaire!

Où j'en suis

Quand on t'invite à quitter le territoire, t'as un mois pour tout foutre dans une valise et prendre le prochain avion. Déjà qu'après neuf ans c'est chaud d'envisager ça comme ça, la bone blague c'est que ils m'ont invité à me barrer en janvier. Ils veulent que je rentre au Brésil en plein carnaval! Pour avoir un billet à un tarif abordable il faut se prendre normalement avec six mois d'avance plus ou moins... alors la haute saison, faut pas rever!

Ceci dit, on te donne deux mois pour constituer un recours gracieux, une lettre que t'envoies au prefet pour que ton cas soit reétudié... voilà où j'en suis. Dans cette lettre il faut argumenter mais aussi prouver le bien fondamenté de ce que t'avances. Moi je vais argumenter que si, je fais des études, voyons! Pour le prouver, je vais envoier des papiers comme quoi j'ai eu mon premier semestre! Alors j'attends patiemment mes notes à la fac... qui rentre aussitôt en grève.

Vous aurez compris, c'est pas finie, la telenovela... mais je bosse sur le prochain chapitre!

Qui sera le suivant: j'envoie le recours gracieux avec accusé de reception, je compte deux mois à partir de la reception et si j'ai pas de nouvelles de la prefecture, c'est chié. Alors soit je me trouve un advocat et je vais sur les tribunaux dire que si, je suis étudiant, regardez moi ces mauvaises notes! soit je me barre, dégouté.

mais bon, n'y pensons pas! et laissez moi un petit mot c'est important pour moi... ça peut fonctionner comme une pétition, on sait jamais, c'est toujours utile... (mon livre d'or est accessible dans la fenêtre liens, à gauche en haut de cette page...

Le processus

J'ai fait ce Blog pour soigner le contact avec tous ceux que j'ai pu croiser dans cette terre de France (chéribibis bisoux, tout ça)... c'est un peu l'expression de mon désir que ça ne s'evanesce pas subitement .

A chaque fois que je rentre au Brésil, j'ai l'impression d'avoir rêvé tout ce qui a pu se passer ici. Je me retrouve subitament transporté dans un monde où il n'y a aucune évidence palpable de ce que j'ai pu faire, sauf des publications en une langue inconnue de tout mon entourage (allez: presque.j'ai deux ou trois amis qui s'adonnent aux joies de la francophonie).

A mes amis et familiaires de s'étonner et de me demander: "mais toutes ces années, tu n'as fait que ça?" et non, j'en ai fait plein de trucs, voyons!

J'ai noirci des pages et des pages de papier, je me suis pendu aux oreilles d'éditeurs divers et variés, j'ai commencé à apprendre quelques nouveaux programmes d'ordinateur, j'ai cherché desespérament du travail (d'ailleurs, je suis en plein dedans, quelqu'un a entendu parler d'un job alimentair quelconque, si possible quelque chose de régulier, c'est à dire, pas punctual?), j'ai réussi à desenterrer quelques bons plans d'illustration e/ou graphisme (pareil, si quelqu'un entend parler, affiche, pochette, etc, etc...), jai bossé pour expositions, serigraphies et fanzines, e, bien sûr, j'ai mené des études...

E voilà le grand problème, les études! J'en ai pas suffisamment de diplômes!

Eh bien, j'en aurai, y a pas de problème!

Lundi 20 mars 2006
voilà, j'ai finalement envoié le recours gracieux... vous savez, la lettre que je devais envoyer à la prefecture pour dire: "euh, non, non, chuis pas d'accord, d'abord si, je me casse le cou à faire des vraies études et puis je suis désolé mais les arts appliquées c'est pas la même chose que les arts plastiques donc je me remets pas dans une filière où j'avais déjà échoué alors j'aimerais bien finir mon année, allez, soyez gentil!" avec plein de papiers à l'appui pour prouver que je me demène dans tous les sens depuis début 2005.

J'ai envoié ce truc un peu au dernier moment parce que j'attendais d'avoir mes notes (qui prouveraient que j'ai bien validé mon semestre) mais il y a deux profs en gros retard de lâchage de notes et la grève n'a pas aidé... le mirail est bien bloqué, le maximum que j'ai pu avoir est un comprovant que j'ai fait les partielles... j'espère que ça sera bon.

Alors j'ai qu'à attendre deux mois qu'ils me répondent. S'ils ne me répondent pas ça veut dire qu'ils se réfusent à revoir mon cas ou qu'ils sont tellement submergés de processus d'expulsion qu'ils n'ont même pas regardé mon dossier... dans les deux cas pour ma gueule c'est pareil: "barre-toi, t'tools!" Donc maximum deux mois d'attente angoissé et sans papiers. Oui, parce que, bien sûr, pendant tout ce temps je ne suis toujours pas censé être dans le coin, toutes ces démarches n'ont pas de caractère suspensif. C'est à dire que ça sera pas souvent qu'on va se croiser dans la rue, mais bon. Venez prendre un thé à la maison, quoi!

par t'tools publié dans : oupsmonvisa
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